06 Aug
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La boucle d’oreille des pirates n’avait pas la signification que lui prête l’imaginaire populaire : les sources historiques et archéologiques attestent son port chez certains marins entre le XVIIe et le XIXe siècle, mais elles ne confirment ni un code universel, ni un usage propre aux pirates.

La théorie la plus connue veut que l’anneau d’or serve à payer les funérailles du marin si son corps était retrouvé loin de son pays.

L’hypothèse est plausible : un bijou était facile à transporter, résistait à l’eau et pouvait être revendu rapidement.

Mais AUCUN règlement naval ancien ou témoignage d’époque ne permet d’affirmer que cette pratique était systématique.

Même prudence pour les traditions liées au passage de l’équateur ou du cap Horn : les rites de franchissement sont bien documentés, notamment le "baptême de la ligne". En revanche, les codes attribuant une oreille au cap Horn, l’autre à l’équateur, ou une boucle à chaque tour du monde varient selon les récits et semblent relever de traditions locales ou tardives.

L’idée selon laquelle la boucle protégeait de la noyade, du mal de mer ou améliorait la vue est encore moins solide.

Ces explications apparaissent surtout dans le folklore maritime, sans base historique homogène.

La fonction la mieux étayée reste celle d’un bien personnel transportable.

Chez les marins, l’anneau pouvait représenter une réserve de valeur, un souvenir de voyage, un signe de réussite ou d’appartenance au monde portuaire.

Chez un pirate, il pouvait aussi provenir d’une prise ou afficher une richesse récente.

L’archéologie de la piraterie ne fait toutefois pas ressortir la boucle d’oreille comme un attribut caractéristique des équipages de l’âge d’or.

Le grand anneau doré associé au pirate s’est surtout imposé plus tard, par l’illustration, le théâtre, la littérature d’aventures puis le cinéma.

La pratique est historique, mais sa signification unique est surtout mythologique. 

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